Sulco-Passion

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Le genre Sulcorebutia a toujours été étroitement lié au genre Rebutia. C'est d'ailleurs à partir d'un Rebutia que le genre Sulcorebutia fut créé. Voici un petit résumé historique.

En 1895, Karl Schumann décrit le genre Rebutia comme genre monotypique avec Rebutia minuscula comme espèce-type.
En 1922, Britton and Rose, dans leur ouvrage “The Cactaceae”, transfèrent 5 plantes d’autres genres dans le genre Rebutia (fiebrigii, steinmannii, deminuta, pseudominuscula et pygmaea).
En 1923, Spegazzini suggère de créer le genre Aylostera pour les plantes dont le style est uni, tout ou en partie, au tube floral. A l’époque, seul Rebutia pseudominuscula répondait à ce critère.
En 1931, le professeur Dr. Werdermann décrit le Rebutia steinbachii, plante étrange car elle a un corps de Lobivia mais une structure florale de Rebutia.
Entre 1931 et 1951, on assiste à un imbroglio de noms indescriptible ! Une quantité incroyable de genres sont suggérés : Eurebutia, Setirebutia, Chileorebutia, Echinorebutia, Rebulobivia, Neorebutia, Chionorebutia, Dichrorebutia… On veut séparer, recombiner, reséparer…
En 1951, Curt Backeberg crée le genre Sulcorebutia, monotypique, avec Sulcorebutia steinbachii comme espèce-type. Il avait observé un sillon dans l'épiderme de la plante au bout de l'aréole et pensait que la fleur naissait dans ce sillon.
A partir de cette année 1951, Cardenas décrit plusieurs nouvelles espèces : arenacea, glomeriseta, candiae, menesesii… Ils les décrit toutes sous le genre Rebutia.
En 1964, lors de la description de Rebutia tunariensis (voir dans les Articles), Cardenas remet en cause les critères sur lesquels on s'est basé pour créer les genres Aylostera et Sulcorebutia et suggère qu’on les réintègre dans le genre Rebutia.
En 1972, Brederoo et Donald "complètent et améliorent la diagnose du genre Sulcorebutia de Backeberg" et déplorent que Cardenas ait continué de décrire des plantes sous le genre Rebutia plutôt que Sulcorebutia (voir article).
Dans les années ’70 et ‘80, de nombreuses nouvelles espèces de Sulcorebutia ont été découvertes et décrites par d'illustres collecteurs tels que Ritter, Krahn, Knize, Rausch, Lau, Vasquez, Swoboda.

Aujourd'hui, suite à une série d'études et d'analyses ADN menées par le SSK entre 2005 et aujourd'hui, il semblerait que les genres Sulcorebutia, Weingartia et même Cintia soient indissociables : "Sulcorebutia et Weingartia devraient être réunis en un seul genre car aucune donnée moléculaire ou morphologique ne révèle une distinction entre ces genres." (Ritz et al., 2007. American Journal of Botany 94(8): p1330.)
Par contre, ils sont clairement
séparés du genre Rebutia.
Suite à ces études, Hentzschel & Augustin ont publié en 2008 dans la revue Gymnocalycium 21(2): 767-782 une nouvelle classification dans un article intitulé : "
Weingartia, Sulcorebutia et Cintia - un tout indissociable - caractéristique des comparaisons et recombinaison" !
Les Sulcorebutias sont exclusivement boliviens. Les zones brunes, dans la carte de Bolivie ci-contre, représentant les zones de "forêt sèche et d'arbrisseaux épineux", correspondent plus ou moins bien à la répartition de l'ensemble des différentes espèces de Sulcorebutias. On peut les trouver à partir de 1200 m et jusqu'à 4000 m.d'altitude, la majorité d'entre eux se situant entre 2000 et 3000 m. De telles altitudes expliquent leur besoin "d'un petit coup de froid hivernal" pour fleurir aisément.

Il est intéressant de noter l'exiguïté de l'aire de répartition des Sulcorebutias : la distance du point le plus au nord de cette zone (Cochabamba) au point le plus au sud (Tarija) est d'environ 500 km. Il faut bien comprendre que le "territoire" d'une espèce n'est parfois pas plus étendu que deux ou trois terrains de football !
Imaginez qu'une zone si petite est le seul endroit au monde où pousse cette espèce ! ! ! Un domaine si petit est évidemment à la merci du moindre incident. Toutefois, je ne pense pas qu'on puisse dire aujourd'hui que les Sulcorebutias soient réellement en danger : heureusement, bon nombre d'entre eux se situent dans des zones d'accès difficile, et s'en trouvent ainsi plus ou moins protégés.

Cette situation n'est malheureusement pas une généralité : de nombreux cactus sont en danger un peu partout sur le continent américain. Urbanisation, élevage, agriculture, infrastructures routières, pillages, changement climatique sont autant de causes de raréfaction des cactus.

A notre niveau, nous pouvons influencer le changement climatique : changeons certaines de nos habitudes de vie. En ce qui concerne les pillages la solution est de ne jamais acheter de plantes rares prélevées dans la nature (aisément reconnaissables). Pour le reste, il est bien difficile pour nous Européens d'intervenir là-bas.

Protégeons, ici, du mieux que nous pouvons les plantes qui peuplent nos serres et essayons autant que possible de les multiplier. Nos collections sont un réservoir ! ! !

... et ses plantes

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